Le département des plaintes est fermé

Le département des plaintes est fermé!

Avril, le printemps, le soleil tout cela est bien positif. Pour notre défi d’avril, nous avons voulu être dans le positif et expérimenter 30 jours sans se plaindre. C’est suite à la lecture d’un billet du blogue la rubrique de tout et de rien, lui-même inspiré de la fille et son anxiété, que nous avons décidé d’embarquer dans le mouvement. Donc depuis le premier avril, nous avons la stricte interdiction de ne pas nous plaindre, de ne pas chialer ni d’être négatif face à une situation.
Pourquoi se donner un défi du genre? On sait que l’attitude change tout et qu’on accomplit beaucoup plus lorsque nous sommes dans de bonnes dispositions. Cela nous est tous arrivé de se lever du mauvais pied et avoir l’impression que toute notre journée est sous le signe du malheur. Et c’est souvent parce qu’après la première mésaventure -comme par exemple renverser son café- on décide que la journée sera mauvaise. Alors on accumule déceptions après déceptions et frustrations après frustrations. Au contraire, si face à chaque incident on décide de rester zen et d’exploiter l’opportunité qui s’offre à nous, la journée sera beaucoup plus agréable. J’irai même jusqu’à dire que notre attitude a un effet sur les évènements. Moins on reste dans le négatif plus on est connecté avec ce qui nous entoure et c’est alors qu’on fait moins d’erreurs.
Plus concrètement, nous étions en visite dans la famille de Papa Ninja et il y avait beaucoup, beaucoup d’irritants, mais nous ne voulions pas laisser ces irritants affecter notre voyage ni notre relation. Après tout, ce voyage devait être agréable et nous rapprocher. Nous nous sommes donc dit que c’était le moment parfait pour ce genre de défi à saveur de développement personnel.
D’ailleurs, quand nous partions en vacances, Papi Ninja avait l’habitude de dire

Le département des plaintes est fermé jusqu’à nouvel ordre!”

Je le soupçonne dans sa grande sagesse de savoir que de se doter d’une telle consigne était déjà une condition gagnante pour des vacances réussies. Pas de chialage, pas de chicane que des beaux moments à passer en famille.

 

Trucs de ninja pour bien réussir ce défi

D’abord, nous avons pris quelques minutes chaque jour pour se donner quelques règles de conduite. Cette étape nous semblait importante, car pour bien réaliser le défi, nous devions être sur la même longueur d’onde. Imaginez si nous nous étions mis à vivre de la frustration parce que l’autre s’échappait ou qu’on ne pouvait pas se libérer d’un sentiment négatif : échec total! Nous avons donc conclu :
1- Que pour mieux nous aider à reconnaître quand nous nous plaignons, l’autre devait nous le signaler. Il ne s’agissait pas de pointer du doigt le “mauvais” comportement. En effet, parfois c’est tellement ancré en nous qu’on ne réalise pas qu’on est en train de se plaindre. Cela a également pour effet de prendre conscience que notre négativité affecte les gens qui nous entoure.
2- Que nous devions nommer 7 choses positives afin de contrer l’effet négatif de nos propos. Selon certaines recherches, 7 pour 1 serait le chiffre magique. Quand on y pense, cela veut dire qu’une remarque négative a autant d’influence que 7 mentions positives. C’est donc terriblement puissant et voilà une raison de plus pour faire attention.
3- Que parce qu’il est malsain de tout garder pour soi, nous pourrions faire sortir le méchant de façon contrôlée. Concrètement, nous avons désigné chacun une personne de confiance avec qui il nous serait permis de se vider le coeur. Comme ça, nous préservons le climat positif de notre maison et cela encadre nos sorties d’humeur.
4- Que si quelque chose nous dérange vraiment, nous ne sommes pas obligé de nous taire. Exprimer nos émotions et les raisons qui le sous-tendent, n’est pas négatif en soi. Par exemple, quand une amie a annulé à la dernière minute notre rendez-vous, je n’ai pas dit: “Je hais quand on me fait un coup comme celui-là. Elle fait toujours ça!” J’ai plutôt dit: “Je suis déçue, j’avais hâte de la voir. Maintenant, je vais devoir trouver autre chose à faire aujourd’hui et cela me déstabilise.”
5- Qu’après les 30 jours, s’il y a encore quelque chose qui nous dérange, mais que nous n’aurions pas su exprimer de façon constructive, nous pourrions nous plaindre à ce sujet le premier mai. Nous nous disions que si nous nous en souvenions à la fin du mois, cela valait la peine de partager. Cette façon de pensée aide à rester zen je trouve, comme une garantie que si je ne suis pas capable de passer par dessus la frustration, je pourrai être dédommagée. Et comme dans toutes les garanties, on espère bien ne pas avoir à s’en servir.

 

Nos Défis

La première chose qui me vient à l’esprit est que 30 jours c’est long! Bon au début, nous faisions l’exercice et nous nous disions que nous allions devenir meilleurs. Puis, après quelques jours nous remarquions de moins en moins que nous chialions. D’une part, parce que oui, à force de réorienter notre attention, nous voyions moins le négatif, mais parfois aussi c’est que le naturel revenait au galop et comme c’était naturel et bien nous ne le remarquions plus. Puis, nous nous sommes mis à penser que cela ne pouvait plus durer, il fallait que ça sorte! Parfois, nous avertissions même d’avance que nous allions chialer et dès la plainte faite, nous enchaînions avec 7 éléments positifs.
Bon, nous n’avons quand même pas abandonner et nous continuions la plupart du temps à faire attention. Surtout en public. Avec le recul, nous nous sommes aperçu que c’était plus facile à l’extérieur et avec d’autre personne. Peut-être parce que qu’on est habitué à surveiller son comportement en public. C’est comme s’habiller, on fait un effort pour quand on sort alors qu’à la maison c’est l’endroit pour se laisser aller.

 

Nos Réussites

Nous avons aussi pu remarquer des effets positifs. Cette petite expérience nous a permis de concentrer notre attention sur les choses qui  le méritaient. C’est fou comme on s’attarde parfois sur des détails insignifiants qui, par l’attention qu’on leur accorde, ruinent notre journée. À l’opposé, certaines choses méritent qu’on s’occupe de leur cas. Cela a été le cas du stationnement à vélos devant notre épicerie qui a disparu. Forcément, quand je me suis présentée en vélo et que j’ai dû faire le tour de l’immeuble pour trouver un endroit où le barrer, j’étais assez frustrée. J’avais le choix de rester zen et laisser les choses comme ça, sacrer un peu et dire à tout mon entourage que cela me frustrait OU contacter le propriétaire de l’immeuble et lui expliquer que de mettre à la disposition des clients un stationnement à vélos encourage le transport actif et contribue à l’effort collectif pour une gestion saine des émissions de gaz à effet de serre en plus d’être favorable à leur image. En d’autres mots, je me suis mise dans l’action. C’est dans des cas comme ça que nous retirons le plus de ce défi. Le même principe s’applique à la maison quand nous sommes découragé devant quelques trainerie. À la place de se plaindre, nous nous activons et assez rapidement le découragement fait place à un sentiment de compétence et d’accomplissement.
Notre petite “conséquence” de devoir nommer 7 choses positives a aussi été une belle surprise. Au début, c’était surtout pour se donner une façon d’indiquer à l’autre qu’il était en train de se plaindre. Nous voulions aussi un geste réparateur afin de ne pas rester dans le négatif. Et bien, cela a assez bien marché. De se forcer à dire 7 choses positives a vraiment un effet positif. Je dirais même apaisant. En effet, comment rester de mauvaise humeur quand on énumère les qualités de nos enfants ou qu’on se remémore les bons moments passés dernièrement? On oublie vite ce qui nous dérangeait quelques instants auparavant.

 

Notre Verdict

Avons-nous relever le défi comme des ninjas aguerris? Pas vraiment. Mais ce n’est pas parce que nous n’avons pas réussi que le défi a été un échec. Nous en avons tout de même tirer quelques leçons.
Premièrement, nous avons pris conscience de l’influence que notre attitude a sur nous-même et sur les autres. Cela veut dire que nous avons un grand pouvoir tant sur notre vie personnelle que sur notre environnement. Cela veut aussi dire que si nous ne pouvons pas changer les autres, nous avons toutefois le pouvoir de s’éloigner des personnes ou situations négatives.
Deuxièmement, cette petite expérience nous a démontré l’importance du lâcher prise. Cela demande parfois des efforts émotionnels immenses, mais améliore concrètement notre qualité de vie. Je crois que c’est un art d’être capable de rester zen devant des irritants superficiels tout en les distinguant des injustices qui méritent d’être adressées. C’est donc une habileté que nous ajoutons à la liste d’entraînement du bon ninja.
Finalement, peut-être aimons-nous tout simplement trop nous plaindre pour arrêter complètement.
Et vous, embarquez-vous dans le mouvement?
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