Défi de février: vaincre mon addiction à facebook

Le défi de février a commencé un peu plus tard et s’est donc terminé en mars. Cette fois, c’était un défi qui ne regardait que moi. Vaincre mon addiction à Facebook! Je devais réduire drastiquement le temps que je passais sur facebook. Je vais trahir mon âge et vous avouer que facebook est le seul réseau social que j’utilise de façon régulière. Est-ce que ce serait moins pire si je partageais mon temps entre différents réseaux sociaux? Je ne crois pas. Que ce soit de poster des photos, des vidéos ou des statuts, je passais trop de temps sur mon téléphone. À la limite, ça aurait pu être n’importe quelle application comme un jeu où du magasinage en ligne qui serait devenu une addiction. L’idée était de décrocher pour se concentrer sur l’essentiel et redevenir maître de sa vie. Je dois avouer que j’ai hésité avant de relever le défi de façon officielle, mais je n’ai pas peur des gros défi – comme celui de faire un minimum d’épiceriefaire un minimum d’épicerie– et je l’ai fait pour vous lui moi ;).

 

Facebook, une addiction?

Bon, ce n’est pas reconnu comme une addiction au sens médical du terme -pas encore- mais les mêmes processus sont en jeu. On y va d’abord par ennui et on y reste par un mystérieux concours de circonstance. Est-ce que cela vous arrive parfois de réfléchir à un sujet et tout à coup il y a un reportage sur ce même sujet à la télé dans les jours qui suivent? C’est exactement cela qui m’est arrivé! La semaine passée, j’écoutais la radio et un expert expliquait que Facebook suis le même principe que les machines à sous.  Ça ne coûte pas cher (un petit 2-5 minutes la fois) et il faut y aller souvent avant de pogner le gros lot (un contenu intéressant). Mais quand cela arrive, notre cerveau reçoit sa dose de dopamine. Et une addiction pour facebook est née, car il faut y retourner de plus en plus souvent et longtemps pour éprouver le même plaisir.

À cela s’accompagne un phénomène relativement nouveau nommé FOMO, fear of missing out, ou la peur de rater des nouvelles ou événements. On sait que la vie va à toute vitesse et qu’internet est sans fond, alors quand on y pense il est tout à fait compréhensible que des personnes puissent ressentir de l’anxiété à l’idée de pas être capable de suivre le flux de nouvelles. C’est ce qui nous pousse à regarder notre téléphone même si on y était il y a à peine 5 minutes pour voir s’il n’y aurait quelque chose de nouveau. Et de temps à autre, on se dit que rien de bien important ne va arriver si on ne regarde pas pendant une longue période et vlan, on s’aperçoit qu’on est effectivement passé à côté de l’invitation à l’événement du mois, ou pire, d’un message d’un ami qui demandait de l’aide.  

 

Prise de conscience

En installant l’application de facebook sur mon nouveau téléphone, j’ai vu qu’il était maintenant possible de voir le temps passé sur l’application.

Et j’y passais beaucoup de temps, trop de temps! Vous voulez des chiffres? 2h15 environ par jour. (Je peux pas croire que je partage ça.) Heille, c’est aussi long qu’un film. Pis moi qui a l’impression que j’ai le temps de rien faire! Oui, c’est souvent des 5 minutes par-ci par-là, mais si à chaque 5 minutes je faisais quelque chose de productif je suis certaine qu’à la fin de la journée je verrais une différence.

Une autre chose qui m’a convaincue que mon addiction à facebook était un problème est que mon bébé se rue sur mon téléphone dès qu’il le voit. Quand il dort dans mon lit et que le téléphone est sur la table de chevet (pour les siestes, rarement la nuit), il se lance dessus comme s’il devait répondre à un appel urgent. C’est un bébé, il ne devrait pas savoir c’est quoi! J’en conclue qu’il me voit trop souvent prendre mon téléphone.

Il y a aussi mon conjoint qui trouve que je passe trop de temps sur mon téléphone. D’après cet article du Huffington post, c’est un des signes d’addiction. Je ne sais pas jusqu’à quel point il est impartial, lui qui n’a pas facebook, mais si cela l’embête, c’est un problème.

 

Mon profil de consommatrice de contenu sur facebook

Afin de mieux planifier ma cure, j’ai commencé par regarder quel usage je fais de facebook. Premièrement, j’utilise principalement mon téléphone pour me connecter. D’une part parce que mon ordinateur à la maison n’est vraiment pas confortable et d’autre part parce que j’y vais à moment perdu. Comme par exemple, en attendant que mon café coule ou pendant que je brasse la sauce qui réchauffe sur le feu. Donc, c’est vrai, mon téléphone n’est jamais loin et la tentation est forte parce que j’ai l’impression que je fais du multi-tasking. Un autre moment où je vais sur facebook, et cette fois-là pour de plus longues périodes, c’est quand j’endors Bébé Ninja. En fait, il est déjà à moitié endormi dans mes bras, il tête paresseusement et a les yeux fermés. Je m’assure que ma luminosité est faible pour ne pas le distraire. Non, je ne suis pas fière de moi, mais je le fais pareil. C’est con et peut-être juste une excuse que je me donne, j’ai néanmoins l’impression que ça me relaxe et me permet de lâcher prise sur le fait que bébé doit s’endormir rapidement. Ces petites bêtes-là sentent quand on est impatientes parce qu’elles ne dorment pas et s’ensuit un cercle vicieux de bébés éveillés et de mamans frustrées. Et une fois bébé au pays des rêves, je m‘accorde cette petite pause un peu plus longtemps afin d’être bien certaine qu’il dort profondément. Bref, je viens de passer beaucoup de temps sur mon téléphone sans m’en rendre compte.

 

J’utilise facebook pour plusieurs raisons:

1- Connecter avec mes groupes de soutien
Pouvoir parler avec d’autres parents d’enfants ayant la trisomie 21 est un véritable cadeau de ciel. On peut se dire nos peines et nos victoires, se rassurer et partager nos ressources. C’est comme une deuxième famille qui comprend notre réalité et on se sent réellement moins seul dans notre galère. Par exemple, cette semaine, j’ai pu partager ma tristesse face au fait que Miss Ninja refuse souvent de marcher à l’extérieur. Et bien, plusieurs ont pu témoigner que Miss n’est pas un cas rare et que cela s’améliore dans certains cas en vieillissant. Et, à l’approche de la journée mondiale pour la trisomie 21, un membre produira un petit vidéo. N’est-ce fantastique? Ce groupe se tient et est vraiment là dans les moments heureux comme dans ceux plus difficiles. En cela, Facebook a réussi un de ses objectifs. C’est aussi le cas avec le groupe de mamans de bébés nés en mai, comme Bébé Ninja. En fait, il y a des groupes pour tous sur Facebook.

 

2- M’informer
Sans chercher à m’informer (pour ça je vais lire ou écouter les nouvelles), les dernières actualités se retrouvent sur mon fil de nouvelles Facebook. Heureusement, j’ai la chance d’avoir des amis qui partagent des articles pertinents et intéressants.

C’est aussi là que je vais chercher de l’information à propos de sujets qui me touchent comme comment entretenir les couches lavables, comment choisir et utiliser le porte-bébé qui me convient, quoi surveiller dans l’installation du siège d’auto de mes enfants et comment m’assurer qu’il est sécuritaire, etc. Bien entendu, on y trouve noir et blanc et il faut savoir faire une bonne synthèse de tous les commentaires, mais je trouve bien d’avoir l’opinion d’un grand nombre d’utilisateurs. Comme c’est un puit sans fond, il y a moyen d’y passer des heures. Et lorsque le sujet en question n’est plus mystérieux, c’est à notre tour d’aider les novices dans le domaines. Moi qui ait l’âme généreuse, je pourrais répondre aux questions des utilisateurs pendant des heures.   

 

3- Jaser avec mes amis
Le classique! On s’étonne que tel ami a visité un endroit, on commente alors son statut et il nous répond. On aime une photo par-ci, par-là. Je n’ai pas des tonnes d’amis, mais beaucoup habitent loin et c’est effectivement un moyen simple de rester en contact.

 

4- Vendre et acheter
Pour toute maman qui utilise les couches lavables, un porte-bébé, des pantalons évolutifs, alouette et qui essaie de réduire son empreinte écologique en achetant usagé, ou simplement parce que ça coûte moins cher, facebook est LA place pour trouver soulier à son pied. Il y a des groupes spécialisés dans la vente et l’achat de seconde main, mais aussi le marketplace. Et j’ai nommé les trucs de mamans, mais il y a de tout sur  facebook allant de la paire de patins dernier cri à la montre d’antan en passant par le meuble sur mesure fait par un ébéniste local.

 

Mais est-ce que tout cela est vraiment nécessaire à ma vie?

 

Trucs de ninjas pour arrêter

Pas dans ma chambre!

Le premier truc, c’est de laisser son téléphone hors de la chambre à coucher. Ça casse l’habitude de regarder ce qu’il y a de nouveau dès son réveil et comme dernière chose avant de se coucher. C’est comme de dire à sa peur de manquer quelque chose (FOMO) “ tu ne m’auras pas!”

Pour moi, cela voulait dire plus de téléphone pour noter les périodes de sommeil de Bébé Ninja, mais j’ai fait le saut et accepté de lâcher prise sur le nombre de minutes de sommeil de mon petit. En fait, j’avais déjà mis en place ce petit truc bien avant de commander le défi.

Puis, on étend le principe à d’autres occasion. Le classique de l’heure du repas est à mon avis très important. Cela peut être tout simplement un temps donné aussi. On se dit: “pendant les prochaines 30 minutes, je ne touche pas mon téléphone.” on peut utiliser un timer, mais j’aime bien l’application forest pour ça.

 

Couper les notifications

Déjà, je trouvais cela très désagréable de me faire déranger à toutes les 5 minutes par une notification sur mon téléphone et me rendre compte que cela ne m’intéressait nullement de savoir qu’une personne que je ne connais pas posait une question sur un groupe pendant que j’étais occupée à jouer avec mes enfants ou faire autre chose. Bref, j’avais déjà coupé toutes les notifications de l’application. Désormais, c’est moi qui décide quand j’ouvre facebook et non le contraire. Il est aussi possible de supprimer l’application et d’ouvrir la page dans le navigateur. Comme cela demande un action de plus – ouvrir un onglet et taper l’url, cela réduit les chances de se retrouver sur facebook à un moment inopportun.

 

Faire un ménage virtuel

Au grand maux, les grands moyens! Si vous avez bien suivi, vous avez compris que les groupes facebook en tout genre desquels je suis membre sont une grande partie du problème. À quoi me sert de rester sur un groupe d’achat et de vente si je n’ai rien à acheter ou vendre outre me donner l’envie de dépenser? Un grand ménage s’imposait. J’ai donc fait le ménage dans mes groupes et supprimer pas moins de 30 groupes. Je dis pas moins de 30 parce que j’ai arrêté de compter à 30.

 

Faire une retraite

L’idée du défi a germé lors de votre voyage d’une semaine dans le sud. Papa Ninja était persuadé que j’allais trouver cela bien difficile. Pourtant, cette petite retraite où internet n’était pas disponible facilement m’a fait beaucoup de bien et même que, lorsque je me suis connectée à 2 reprises, je ne suis pas restée plus de 5 minutes sur facebook. C’est comme si je me sentais perdue dans cet environnement qui m’était tout à coup devenu étranger.  C’est donc vraiment bien de se prouver que les réseaux sociaux ne sont pas essentiels à une vie épanouie.

 

Ménage ultime à la rescousse

Non, l’idée n’est pas de faire du ménage à la place d’aller zieuter sur facebook. Nous avons utilisé ce système d’émulation pour me motiver à réduire le temps passé sur mon téléphone en m’octroyant 2 points si je réussissais à faire 1h30, 3 points pour 1h15 et 1 point supplémentaire pour chaque 15 minutes de moins.

 

Ai-je réussi?

La semaine sans internet a, comme je l’ai dit, été un franc succès. Même lorsque j’ai eu accès à internet, facebook avait perdu son attrait et de retour à la maison, il m’a fallu une bonne journée pour retrouver mes habitudes et ce de façon progressive.

Les semaines suivantes, j’ai pu m’en tenir à moins de 1h30 d’utilisation de Facebook. J’ai même eu plusieurs journée à seulement une heure

Par contre, il a été plus difficile de franchir le cap des 60 minutes. Si je veux atteindre mon objectif de 30 minutes quotidiennes ou moins, il me faudra être beaucoup plus vigilante. Pour cela, j’ai accepté d’être pénalisée d’un point pour chaque 15 minutes excédant les 30 minutes permises. Nous verrons bien si le renforcement négatif fonctionnera avec moi.

 

Au terme de ce mois qui a été plutôt contraignant pour moi, je peux dire que je suis sur la bonne voie et que ma consommation de réseaux sociaux est plus raisonnable. Toutefois, je ne suis pas prête à dire que j’ai vraiment vaincu mon addiction à facebook puisque j’ai encore ce réflexe d’aller y jeter un coup d’oeil à la moindre occasion.

 

Embarquez-vous avec moi pour mon 2e mois?

 

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1 thought on “Défi de février: vaincre mon addiction à facebook”

  1. Moi je me suis fait une détoxication a Instagram en début d’année.
    Comme toi, j’ai coupé les notifications, et j’ai exclu le téléphone de ma chambre a couché.
    Je passe moins de temps “inutile” dessus maintenant. 😉

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