Comment le jeu a changé notre vie

  • Comment le jeu a changé notre vie?

 

Le jeu est vraiment à la base de notre relation, Papa Ninja et moi. Et je ne vous parle pas de la game qu’on joue pour se faire remarquer de la personne qui nous attire. Non, je vous parle du jeu dans sa forme la plus pure. Dès les débuts, cela a été notre activité de couple. Bon, c’est vrai que c’était beaucoup par facilité. Je vous trace le portrait. Lui en Allemagne, moi au Canada. Lui ne parlait pas français, moi je ne parlais pas allemand et très très peu anglais. Nous passions donc nos soirées sur Skype à jouer à des jeux -dominos, bonhomme pendu trilingue, bataille navale, etc. Cela nous permettait d’avoir le sentiment d’être ensemble sans avoir à parler.

Je ne l’ai pas eu par l’estomac, mais par le jeu!

On peut se demander ce qui nous poussait à jouer avec quelqu’un qui ne parle pas notre langue à des heures impossibles (merci décalage horaire). J’aimerais vous dire que c’était déjà la force de notre amour, mais la réalité est que nous n’étions pas un couple à ce moment-là et que je pense que de jouer à des jeux titillait son côté compétitif. On peut dire que je ne l’ai pas eu par l’estomac comme le dit la célèbre expression, mais par le jeu! Je suis persuadée que nous n’aurions pas gardé contact sans ces séances ludiques. Parce que c’est de cela dont il s’agit: de passer du temps ensemble de façon légère, agréable et addictive. Voilà comment on prépare le terrain pour l’amour d’une vie.

 

Jeux de société

Ensuite, lorsque nous nous voyions lors des vacances nous avons continué à jouer à des jeux de sociétés – Catane, Carcassonne, jungle speed, alouette. Comme je l’ai dit juste en haut, le jeu, c’est addictif. Lorsqu’on joue, on procure à notre cerveau une bonne dose de dopamine. Et encore un petit boost de plus si on arrive à gagner. C’était donc l’activité parfaite pour avoir le sentiment de surfer sur nos vacances tout en améliorant nos compétences linguistiques.

 

Petite parenthèse à ce sujet. Jouer à des jeux de société est effectivement une excellente façon de pratiquer une langue étrangère. D’abord, il faut un jeu dont les participants connaissent déjà les règles (ou dont ils ont le livret de règles dans leurs langues respectives -oui, cela nous ait souvent arrivé). Les joueurs étant parfaitement au courant du déroulement du jeu et de ce qu’il est attendu d’eux peuvent se concentrer sur leur communication. Deuxièmement, comme l’essence-même du jeu est de jouer et non de parler, cela enlève beaucoup de pression de performance. On parle pour le plaisir, pour ajouter de la profondeur au jeu, mais cela n’est pas essentiel puisque les actions sont ce qui importe. De plus, les jeux de société sont structurés par phases ou tours, ce qui permet aux participants de réfléchir avant de parler et leur laisse du temps pour répondre. C’est pour cette raison que les conversations importantes n’ont pas lieu autour d’une partie de monopoly, mais en buvant un café.

 

Revenons à notre sujet.
C’est bien beau jouer toute la journée, mais la vraie vie n‘arrête pas pendant ce temps-là. Nous avons alors commencé à utiliser le jeu pour pimenter notre vie. Pas parce que nous trouvions cela plate de jouer toujours aux même jeux, mais pour se récompenser un peu. Le perdant était celui qui allait faire la vaisselle. Parfois le gagnant recevait un massage ou encore pouvait choisir le prochain film à visionner. On pourrait même dire qu’on a fait de la prévention de problèmes de couple.  L’enseignante en adaptation scolaire en moi a tout de suite vu que d’objectiver les tâches ménagères et de remettre au hasard la distribution de privilèges agissait comme médiateur. Je vous explique: à la place de rechigner à faire la vaisselle, nous pouvions simplement lancer un défi à l’autre. Et c’était magique! Nous acceptions de bonne fois la tâche attribuée au perdant. Puis, comme nous jouions souvent (2,3 parties ou plus par jour), il arrivait que la même personne perdre plusieurs fois dans la même journée. Cela vous est-il déjà arrivé? Ce n’est pas vraiment un sentiment agréable. Vous pouvez imaginer que dans ces cas, cela pouvait devenir assez frustrant même. Alors, nous nous sommes mis à inverser les rôles : c’est le perdant qui allait recevoir les privilèges! Du coup, c’est devenu une activité gagnant/gagnant et tout le monde restait de bonne humeur.

 

Les paris

Bon, c’est vrai que nous jouions beaucoup à des jeux de société, par contre ce n’est pas toujours pratique à emporter partout avec nous et nous avions déjà la piqûre. Alors, c’est tout naturellement que nous nous sommes mis à faire des paris sur tout et sur rien. Combien l’épicerie allait-elle nous coûter. À quelle heure l’autobus allait-il arriver exactement. Le téléphone sonnait, on essayait de deviner qui cela pouvait-il bien être. Pas toujours, mais souvent, il y a un prix pour le gagnant ou une conséquence pour le perdant. Ou encore, dans le genre de “Si tu réussis à faire xyz, c’est moi qui paye”.

Nous avons même poussé l’exercice jusqu’à parier le nom de nos enfants. Oui oui! Si notre premier bébé avait été un garçon, il aurait porté le nom d’un joueur de soccer de l’équipe fétiche de Papa Ninja car il avait gagner un pari. Si Miss Ninja allait naître en moins de 2 heures, elle se serait appelée “Rocket”. Heureusement, j’ai utilisé mon droit de véto et décidé que la latence comptait. Le 2e prénom de Bébé Ninja est lui aussi le résultat du hasard. Nous étions dans un bar sportif et ne nous entendions pas sur le nom du futur bébé. Il y avait un match des Canadiens contre Boston et aussi une partie de football. Nous nous sommes mis d’accord que le prochain nom à l’écran serait le nom du bébé. Par chance, le nom qui est apparu était déjà dans notre top 3 (et ce n’est ni un joueur des Canadiens ni des Bruins).

 

Le géocaching

En 2011-2012, j’ai découvert le géocaching. Nous habitions alors aux Pays-bas et nous profitions de nos fins de semaine et vacances pour visiter l’Europe. Comme cela ne nous ressemblait pas de faire les touristes en visitant les principaux monuments et qu’en général nous aimions plutôt nous imprégner de la culture, nous avons embarqué à fond dans cette mode.

Pour ceux qui ne connaissent pas, le géocaching est une sorte de chasse au trésor qui a lieu dans le vrai monde. Le but est d’utiliser des coordonnées GPS afin de trouver une géocache – qui est souvent un petit contenant caché qui contient au minimum un livret dans lequel les participants signent leur exploit.. Et il y a presque toujours une énigme à résoudre ce qui contribue au caractère ludique de l’activité. Avec l’arrivé des téléphones intelligents, c’est encore plus facile, car on n’a pas à choisir et enregistrer les caches qu’on désire faire avant de partir et nul besoin d’un appareil GPS dispendieux.  Cela donne donc à la fois un objectif concret à une visite touristique et du même coup, permet de découvrir les lieux sous un autre angle, souvent même de façon plus approfondie. J’ai en tête une énigme sur le bord d’un canal à Utrecht, au Pays-bas. Il s’agissait d’une micro-cache, ce qui veut dire qu’elle était minuscule. Nous avons scruté un bout de rue pendant une éternité avant de se rendre compte que la cache était un faux bouton de sonnette de porte. On peut dire que nous avons vraiment étudié et apprécié l’architecture néerlandaise! Cela permet aussi de faire des rencontres inattendues. Comme celle sur un quai de la ville de Rhodos, en Grèce. Nous n’arrivions pas à située une autre micro-cache quand un charmant monsieur qui travaillait là nous avait donné quelques indices supplémentaires.

Pendant un an, nous avons planifié nos sorties en fonction de géocaches à trouver. Cela facilitait nos itinéraires, nous donnait une raison d’aller explorer des coins un peu moins touristiques et occupait de façon vraiment agréable ces moments d’attente qui sont inévitables lorsqu’on voyage. Parce que oui, il y a très souvent une géocache qui attend dans un abribus ou dans la station de train. Et si au départ, c’était une activité de plein air, le géocaching a vite envahi les villes. En fait, il y en a partout partout.

C’est aussi une activité stimulante à faire avec les enfants. J’adore celles qui demandent de compter les bancs de parc ou de repérer le numéro de porte de la maison verte par exemple et de faire de simples opérations mathématiques afin de trouver les coordonnées GPS. De plus, dans les caches familiales, on y trouve souvent de petits cadeaux qu’on peut prendre comme butin à condition de laisser à notre tour un petit quelque chose.

 

Comment le jeu a changé notre vie?

En résumé, c’est assez simple. Sans le jeu, nous ne serions probablement pas devenu un couple. Mon anglais serait encore très rudimentaire. Notre vie serait ben ben plate. Nous aurions voyager de façon traditionnelle. Mais surtout, c’est la façon que nous avons de voir et d’appréhender la vie qui a changé. J’espère que nous saurons garder cet esprit longtemps.

 

Et vous, quelle place occupe le jeu dans votre vie?

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